Une enquête suisse révèle un réseau transfrontalier de trafic d’oiseaux protégés. Ce qui semblait être une petite saisie au tunnel du Grand-Saint-Bernard prend rapidement l’ampleur d’une opération impliquant plusieurs pays européens. Vous serez sans doute surpris par l’ampleur et par les méthodes utilisées.
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Résumé rapide de l’affaire
Fin 2024, les inspecteurs de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) interpellent deux ressortissants portugais. Ils transportent une dizaine d’oiseaux non déclarés. L’enquête établit vite qu’il ne s’agit pas d’un acte isolé.
Les investigations montrent qu’au moins trois complices installent des volières dans les locaux de leur entreprise. Ensemble, ils introduisent plus de cinquante oiseaux protégés en Suisse sans certificats CITES et avec des preuves d’achat falsifiées. La valeur estimée de ces importations frauduleuses atteint près de 100’000 francs.
Comment le réseau opère
Le trafic traverse plusieurs pays: la Suisse, l’Italie, la Hollande, la Belgique, le Luxembourg et le Portugal. Les trafiquants utilisent des trajets routiers et des passages de montagne. Ils dissimulent les animaux dans des transporteurs ou dans des locaux professionnels pour contourner les contrôles.
Plusieurs espèces concernées figurent sur les listes CITES. Souvent, il manque non seulement le document CITES mais aussi d’autres autorisations sanitaires. Les fausses factures et certificats servent à donner une apparence légale aux envois.
Saisies, acteurs et suivi
Après la première arrestation, les contrôles se multiplient. Collaborant avec l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), les autorités confisquent environ trente oiseaux classés CITES. Ces spécimens sont confiés à un lieu de détention spécialisé, capable d’assurer soins et quarantaine.
Le Bioparc Genève annonce avoir recueilli plusieurs dizaines d’oiseaux saisis récemment à la frontière. Parmi eux figurent des espèces comme le petit Padda de Java et la perruche royale. Les trois responsables de l’opération 2024 sont dénoncés pour infractions à la loi sur les douanes et à la protection des animaux.
Pourquoi cela vous concerne
Vous pensez peut-être que le trafic d’oiseaux est un problème lointain. Pourtant, il menace la biodiversité et la santé publique. Le commerce illégal transporte des maladies et fragilise des populations déjà menacées à l’état sauvage.
La CITES réunit plus de 180 pays et protège aujourd’hui plus de 6000 espèces animales et 34’000 espèces végétales. Toute importation ou exportation d’espèces protégées doit être accompagnée de certificats appropriés. En l’absence de ces documents, il s’agit d’une infraction grave.
Conséquences légales et sanitaires
Les personnes impliquées s’exposent à des poursuites pénales, des amendes lourdes et à la saisie des animaux. Les autorités appliquent les lois douanières et celles relatives à la protection animale. Sur le plan sanitaire, l’absence de quarantaine augmente le risque d’introduction d’agents pathogènes.
Que pouvez-vous faire si vous suspectez un trafic?
- Signalez immédiatement tout transport suspect aux autorités locales ou à l’OFDF.
- Contactez l’OSAV pour des doutes liés à la santé animale ou aux certificats sanitaires.
- Ne tentez pas de déplacer ou de prendre en charge des animaux saisis vous-même. Laissez les professionnels agir.
- Soutenez des organisations locales de protection des animaux. Elles aident souvent à accueillir et soigner les espèces confisquées.
Conclusion
Cette affaire montre qu’une petite saisie peut révéler un réseau organisé et lucratif. Les contrôles récents en 2025 ont d’ailleurs mené à de nouvelles enquêtes dans plusieurs cantons romands. Vous avez un rôle à jouer: signalez, informez-vous et ne contribuez pas, même involontairement, à ce marché illégal.


